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Dominique Servonnat

  • Masterclass - 2022 - session #1

Vient un moment où il faut savoir pourquoi cela ne fonctionne pas, ne pas se contenter de réponses telles que : « C’est pas mal ce que vous faites, mais... » parce que ce MAIS suivi de trois points de suspension qui clôturait les lectures de portfolios auxquelles j’ai participé ne conduit nulle part. C’est la raison pour laquelle je me suis inscrite à la Masterclass proposée par OEILDEEP. J’avais besoin d’y voir clair, de raisonner plus juste et de donner du sens et une nouvelle direction à un projet que je cernais mal et qui en était au point mort. OEILDEEP, c’est Sonia, Laura, Jean Christian et Stefano : des personnalités puissantes et de sacrées pointures avec des sensibilités et des orientations différentes et complémentaires qui m’ont conduite à une interrogation permanente et m’ont permis de repousser mes limites. OEILDEEP, c’est aussi mes copains avec lesquels j’ai partagé des moments de réflexion intense et beaucoup d’amitié pendant ces trois week ends qui nous ont conduits à nous dépasser. OEILDEEP, c’est encore le studio de Marthe où nous avons travaillé, un cocon hors du temps où nous nous sommes sentis uniques. OEILDEEP, c’est enfin six mois de boulot à fond - après s’être dit qu’on n’y arriverait jamais -, jusqu’à s’approcher au plus près de nous-mêmes...

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JEAN, UN ÊTRE AILLEURS

J’avais jusqu’à maintenant évité toute référence à mon histoire personnelle et familiale...et puis mon frère est mort. Les images et les mots que je livre ici sont la simple évocation d’une vie pleine de trous, discontinuée.

Officier dans la Marine nationale, Jean a fui les autres, il s’est fui lui-même et il est mort. Au-delà d’une petite enfance partagée, j’ignore à peu près tout de lui, mais je lui suis liée par une indéfectible affection et je sais juste que le deuil du petit frère c’est le deuil de sa propre enfance.

Il y a ce dont je me rappelle, ce que me disent les photos et les lettres que j’ai retrouvées, ce que ma mère très âgée me raconte, ce dont mes sœurs se souviennent. Il y a des lieux connus ou étrangers, quelques rares objets, il y a surtout l’ineffable, le secret, le fragile et sans doute l’inventé. Parler de toi en images, c’est photographier l’absence, effleurer les interstices et admettre le mystère comme ultime reconnaissance.

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