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Chantal De Knyff

A participé à:
  • Masterclass - 2019 - session #2

Le regard des intervenants utilisant mon contexte personnel de vie m’a obligée à sortir de ma zone de confort. Les commentaires toujours bienveillants mais jamais politiquement corrects ont provoqué le choc qui m’était nécessaire pour cesser de rester à distance de mon propos photographique. Le pari est gagné. L’impulsion transmise est à garder en mémoire pour continuer à travailler.

Merci à Denis Dailleux pour la force tranquille de ses critiques, à Jean-Christian Boucart pour l’audace et le courage mis au service d’une déstabilisation positive du regard sur mon travail, à  Audrey Hoareau pour la finesse et la clarté de ses analyses doublées de l’intuition de ce que pourrait devenir un sujet, et enfin au soutien chaleureux  de Sonia Seraidarian pour Oeildeep et de son organisation de nos rencontres, même pendant le confinement.

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"A corps perdu"

Invisible violence dévastatrice d’avenir. 

Dans un laps de temps très court, une ruine financière annihile les tentatives de reconstruction de ma vie affective malmenée… Le passé gluant me rattrape.

Je suis blessée, trahie, dépouillée. Parallèlement le Corona virus de 2020 nous assène une représentation débilitante des séniors : me voici aussi devenue « une vieille femme à risque ».

Cercueil mon ami, tu m’attends avec impatience. Plus d’habit de lumière, plus de rires enfantins, plus de séductions féminines, plus de chaleurs sur le corps en pleine lumière, plus de prise de risques.

Mon confinement sera la forêt qui entoure cet habitacle fuit depuis plusieurs années et que j’ai dû réintégrer.

 Mon corps épuisé dans la perdition de la vie sera mon sujet. La nudité le reflet de mon âme.

Seule, noyée dans la représentation du temps qui passe, je m’acharne à me fondre dans la nature pour y engloutir ma peur et laisser mon regard se poser sur ces portraits  devenus ma seule certitude de vie.

 Intemporel et sensuel, ce corps à corps dans la forêt enveloppante et rebelle révèlera la nudité fragile et puissante de la vie, de ma vie. Je finis par aimer cette autre qui regarde ironiquement mon combat, je finis par comprendre cette farouche volonté onirique qui surgit des profondeurs de ma nudité. 

Dans cette forêt, une femme d’un âge certain est devenue le témoin photographique de la naissance de son sujet, réalisant enfin qui elle est. 

 

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