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Cécile Nauthon

A participé à:
  • Masterclass - 2018 - session #2

Oeildeep m a été conseillé par une professionnelle de la Photographie. Malgré mon niveau amateur, les professeurs et élèves ont su m'intégrer et m'orienter pour faire émerger ce que je cherchais à exprimer. Ils ont su trouver la méthode pour que je puisse créer un travail fini et cohérent. Cette masterclass est un véritable catalyseur. Oeildeep assure aussi une superbe visibilité post stage afin de faire vivre les créations réalisées. Chapeau et merci. Rare. 

Cecile 

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Rien sinon le coeur 

Macrocosme inventé par l’homme, pour l’homme, ce repaire entropique emporte dans le torrent mécanique des escalators, couloirs et enfilades où il n’y a plus de ciel, pas de jour, plus de nuit sinon une lumière artificielle aspirée par la spirale du temps.  Tic-tac des cadrans, claquements de portes mécaniques, vrombissements des rails que les oreilles camouflées sous  des casques ne peuvent entendre, mains grelottantes sur tablettes ou biberonnées à d’autres jouets tactiles ultraconnectées, vitesse enterrée et fusante, yeux abreuvés d’images accélérées, sifflements des rames, regards vides des cameras à l’attention toujours fixe, crissements des freins. Se dispersent alors des silhouettes fantomatiques déracinées, inhibées, loin de soi, loin de l’autre. Malgré les coups de pinceaux de couleurs rajoutées et programmes informatiques savamment orchestrés, Charlot, tu n’es pas si loin…. Ce rythme dicté est soumis à un dispositif imposant ses exigences, son sens jusqu’à nous réduire  en automates anesthésiés qui vont et viennent dans un gigantesque réseau de vaisseaux de lumières. Où suis je face à des aortes suturées sous néons ? Ainsi, dans ces lieux désincarnés, au fond du puit technologique, ces quelques images tentent d’exprimer un retour de l’intime, de refléter une part d’humanité et d’extraire des onces de vie orientées vers de nouvelles perspectives. Abstraction faite du roulis des foules et de ces modernités, l’aventurer vers la peinture d’une rêverie perçue puis exprimée pour espérer une ligne d’horizon, un point de fuite stabilisé.

Dans leur pouvoir à modifier le rythme des choses, ces poses lentes offrent la possibilité d’une mise à distance nécessaire pour que la sensation émerge, que la conscience réapparaisse et que le rêve dessine un paysage lumineux porteur d’un future apaisé. Dans l'instant du regard, les choses données à voir, soutenues d’une temporalité différente, permettent de reconstituer la symbolique d’une fenêtre vers un chemin laissant libre court à l’esthétique d’un espoir.

Cécile Nauthon

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